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Coup de force constitutionnel: « Kabila » fait adopter « sa » loi électorale

Le Congo-Kinshasa se trouve dans un dangereux tournant. Tout pourrait désormais arriver. La dérive dictatoriale que redoutaient les constituants de 2005 s’exprime désormais au grand jour. Le pays s’achemine lentement mais sûrement vers la restauration du despotisme et ses corollaires que sont notamment le parti-Etat.
L’opinion congolaise l’a appris tard dans la soirée de lundi 4 décembre [2017] que 287 députés – soudoyés – sur les 500 que compte l’Assemblée nationale ont adopté le très controversé projet de loi modifiant et complétant la loi n°06/006 du 9 mars 2006 portant organisation des élections présidentielle, législatives, provinciales, urbaines, municipales et locales.
Les députés de l’Opposition avaient quitté l’hémicycle. Et ce, après avoir rejeté les prétendues innovations contenues dans ce projet. A savoir, l’introduction de la machine à voter, le cautionnement et le seuil légal de représentativité.
« Joseph Kabila » et ses proches ont sans doute sablé le champagne lundi soir. Sur papier, l’homme a réussi son coup. Il est désormais rassuré de la « victoire » de la majorité sortante aux prochaines élections législatives. Rêve-t-il d’occuper le poste de Premier ministre en cas de succès de ce plan machiavélique?
Conformément à la « navette parlementaire », le projet de loi adopté à la chambre basse sera transmis dès ce mardi 5 décembre au Sénat. La mouvance kabiliste jouissant de la « majorité numérique » dans les deux chambres, on peut redouter que ce texte inique – élaboré par un gouvernement assurant les « affaires courantes » et adopté par un Parlement hors mandat – ne puisse passer comme une « lettre à la poste ».
Des sources bien informées indiquent que dans les jours et semaines à venir, le Président hors mandat pourrait annoncer « de manière solennelle » qu’« il n’a jamais été candidat à un troisième mandat consécutif ».
Lundi 4 décembre 2017 restera dans les annales politiques comme une triste journée pour la jeune démocratie congolaise. Par cet acte bête et irresponsable posé par 287 « élus du peuple », le Congo-Kinshasa replonge de plain-pied dans la crise de légitimité que redoutaient les rédacteurs de la Constitution en vigueur.
Osons néanmoins espérer que les « Sages » de la chambre haute seront « à l’écoute de la rue » et pourraient surprendre en acceptant de croiser le fer avec les initiateurs de ce coup de force.
Malgré le tollé provoqué par la « réunion secrète » présidée par Aubin Minaku autour de ce projet, « Kabila » et ses « faucons » sont restés imperturbables. Ils paraissent décidés à conserver, contre vents et marées, le pouvoir pour le pouvoir. Mais aussi le pouvoir pour l’argent, la gloire et les privilèges.
A la tête du pays depuis bientôt dix-sept ans, le successeur de Mzee affiche un bilan désastreux au plan politique, sécuritaire, économique et social. L’ex-Zaïre est à genoux. C’est à croire que cet homme au passé mystérieux était chargé d’une « mission ». Laquelle? Toute la question est là!
On ne le dira jamais assez que « Joseph Kabila » constitue plus que jamais une menace existentielle pour le pays. Les forces politiques et sociales acquises au changement doivent prendre la mesure du danger. A contrario, le Congo-Kinshasa risque de faire le grand retour vers un passé révolu. Quel gâchis!