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Primature : Katumbi n’a pas dit non à Tshisekedi

Si Moïse Katumbi se révèle être dans le lot des hommes des situations difficiles, il est fort à parier que le duo Tshisekedi-Katumbi peut bien faire bouger les lignes. D’où, des stratagèmes conçus dans certains milieux pour brouiller une telle approche aussitôt que l’entourage du président de la République a fuité la proposition du poste du Premier ministre à Moïse Katumbi… Et pourtant, apprend-on, il n’y a pas d’intransigeance du côté de l’ancien gouverneur de l’ex-Grand Katanga. Dans tous les cas, il faut considérer que les menaces tout comme les défis qui se posent au pays sont plus grands que les ambitions personnelles des individus. Moïse Katumbi, qui appuie le président de la République dans sa volonté de placer la population au cœur de ses préoccupations, ne peut ainsi s’écarter de la logique.

Nomination du Premier ministre, c’est la grande attente. Une attente qui s’explique notamment par des défis que le prochain gouvernement est appelé à relever. Il s’agit notamment de mettre fin aux conflits impliquant des miliciens dans l’Est du pays, faire face à la crise sanitaire, lancer les grands chantiers de construction, lutter contre la pauvreté, assurer la gratuité de l’enseignement de base et de la couverture santé universelle…

Face à ces défis, Félix Tshisekedi a du pain sur la planche. Le chef de l’Etat doit impérativement rattraper le retard accumulé lors de la cogestion tumultueuse du pays (coalition FCC-CACH), deux ans durant. Pour y arriver, le cinquième président de la RDC doit dénicher l’homme des situations difficiles pour former et diriger le prochain gouvernement de la République. Et si Moïse Katumbi se révèle être dans le lot des oiseaux rares considérés par certains observateurs comme des hommes-solutions pour décanter des situations de crise, il est fort à parier que le duo Tshisekedi-Katumbi peut bien bouger les lignes. Des pêcheurs en eaux troubles ne veulent pas voir la collaboration Tshisekedi-Katumbi être cimentée pour le bien-être de la population. C’est pourquoi ils sont loin de désarmer, en tentant, apprend-on, de créer des situations pour troubler les relations harmonieuses qui datent d’ailleurs, entre le leader d’Ensemble pour la République et le chef de l’Etat. Rien de tel ne pourra arriver dès lors que le président de la République dispose de tous les moyens, et s’il le faut, pour avoir des échanges directs avec Moïse Katumbi, une des figures emblématiques actuelles embarquées volontiers dans la vision du chef de l’Etat, celle de l’Union sacrée de la nation.

A ceux donc qui infestent la toile pour évoquer la prétendue humiliation du chef de l’Etat par l’ancien gouverneur du Katanga déclinant son offre pour occuper la Primature, il y a lieu de questionner : « est-ce que Katumbi a été contacté à ce sujet ? » « A qui profitera l’inimitié entre Tshisekedi et Katumbi ? ». Des questions qui demeurent. Néanmoins, des informations en notre possession, renseignent que Moïse Katumbi n’a jamais décliné une offre du président de la République. C’est d’ailleurs pour couper court à ces rumeurs entretenues à dessein que le leader d’Ensemble pour la République est annoncé en début de semaine à Kinshasa. Un déplacement qui pourrait hâter le choix du remplaçant de Sylvestre Ilunga Ilunkamba à l’Hôtel du gouvernement.

L’évidence, c’est que la nomination du Premier ministre requiert autant de critères, notamment le poids politique, l’équilibre géopolitique et c’est sans compter l’aptitude de l’oiseau rare à faire face au contexte politique actuel.

Dans tous les cas, les fonctions de Premier ministre et les ministères régaliens seront confiés aux personnalités désignées en toute discrétion par le président de la République, étant attendu que lui seul répondra de la gestion gouvernementale devant le peuple à l’heure du bilan.

Pour bien des observateurs, il y a lieu d’éviter à tout prix la frustration, mieux des considérations qui pourraient engendrer des frustrations au sein de la nouvelle majorité parlementaire. Ainsi, des cartes de rechange sont bien là, en l’occurrence l’informateur, par exemple, qui a une idée précise des détails sur la configuration de la nouvelle majorité identifiée. Tshisekedi a donc toutes les manœuvres pour se mettre à l’abri de tout chantage destiné à coller le poste à une province bien déterminée. Seule à la manœuvre, le fils du Sphinx de Limete doit user de tout son tact pour éviter le piège de son entourage.

Le Potentiel